APPEL INTERSYNDICAL À LA GRÈVE LE 17 JUIN 2025
Les 3 et 4 juin, de nouvelles actions (grève, rassemblements, prises de position d’établissements…) ont eu lieu en solidarité avec notre collègue de Sens.
L’indignation et la colère des personnels est d’autant plus grande que tandis qu’une enseignante est suspendue pour avoir eu un geste d’humanité et de solidarité envers les victimes palestiniennes de la guerre génocidaire menée depuis 20 mois par le gouvernement israélien, le média Disclose a rendu publique la livraison par la France à Israël de plusieurs tonnes de pièces détachées pour fusils mitrailleurs.
Le syndicat CGT des dockers du port industriel de Marseille-Fos a aussitôt appelé au blocage des conteneurs concernés, déclarant que « les dockers et portuaires du Golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».
De nombreux syndicats et structures syndicales, dont le syndicat italien des dockers du port de Gênes, le syndicat grec des dockers du Pirée, des syndicats CGT, FO…, leur ont déclaré leur soutien.
Pendant ce temps, la ministre Borne déclarait sur RTL le 5 juin que la collègue de Sens était « sortie du principe de neutralité qui s’applique à nos enseignants », oubliant qu’elle avait, en fait, agi conformément à une déclaration du ministère, publiée dans le JO Sénat du 13 février, p. 606, selon laquelle « les enseignants ont […] la liberté pédagogique d’aborder le sort des victimes du conflit israélo-palestinien et notamment des otages français et des victimes du 7 octobre, pour leur rendre hommage afin d’entretenir leur mémoire, mais aussi pour réaffirmer l’attachement sans faille de la République aux valeurs démocratiques et à la paix ».
Et pour cause : au mépris de toute liberté pédagogique, la ministre et la rectrice de Dijon ont finalement décidé le même jour de sanctionner notre collègue d’un blâme, tout en lui rappelant qu’elle devait « adopter le comportement exemplaire et irréprochable que l’éducation nationale est en droit d’attendre de ses professeurs ».
Pour la ministre et sa rectrice, fermer les yeux sur un génocide en cours serait plus « exemplaire et irréprochable » que le dénoncer et manifester de la solidarité envers les victimes ?
Cette décision est d’autant plus inacceptable que ce 5 juin nous apprenions que des enseignants du collège parisien Flora Tristan étaient jetés en pâture sur les réseaux sociaux parce qu’ils avaient diffusé une vidéo de leur rassemblement appelant « à mettre un terme au génocide. » Plus grave, leurs noms étaient divulgués, et certains médias faisaient circuler des informations selon lesquelles ils seraient menacés de sanctions par le rectorat (informations finalement non confirmées).
Honte à la ministre et sa rectrice ! Honte à tous ceux qui se rendent complices du génocide en réprimant ceux qui se dressent pour le dénoncer et y mettre fin !
La FNEC FP-FO a adressé aux organisations signataires des appels aux mobilisations des 28 mai et 3 juin en soutien à notre collègue de Sens une proposition de lettre à la ministre renouvelant la demande d’audience intersyndicale qui lui a été adressée le 23 mai et à laquelle elle n’a toujours pas répondu.
Le SN invite les syndicats départementaux à continuer à multiplier toutes les initiatives (prises de position, minutes de silence, rassemblements…) en soutien à notre collègue de Sens.
À bas la répression ! Arrêt du massacre ! Nous ne nous tairons pas !







